Au milieu des années soixante, un duo d’auteur commence une riche collaboration qui durera sept ans. Jean-Michel Rivat et Frank Thomas, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, poursuivront leur route, après avoir écrit un nombre considérable de chansons, chacun de leur côté.

 

Les premiers pas en solo

L’histoire de Jean-Michel Rivat débute à Vesoul, en 1939. Quelques années plus tard, il découvre Félix Leclerc à la radio, ce qui lui inspire sa première chanson. Tout en parcourant le monde (il va en Allemagne, en Angleterre, au Bénélux), il chante ses propres chansons, même s’il sait qu’il ne sera jamais interprète.

 

De retour en France, ses premiers textes, écrits avec Francis Fumière, sont édités chez Breton. Puis, Frida Boccara enregistre Aujourd’hui, je fais la fête. Parmi ses premiers interprètes, figurent aussi Brigitte Bardot, Marie Laforêt (Siffle siffle ma fille, 1966) et Richard Anthony (Nous ne sortirons qu'au printemps).



En 1966, Jean-Michel Rivat adopte le pseudonyme d'Édouard. Sous sa longue perruque et son bernuda à pois, il chante
Les hallucinations d'Édouard, pastiche des élucubrations d'Antoine. Sous ce nom et dans le même style, qui fait mouche à cette époque, il commet quelques disques qui restent aujourd'hui méconnus.



L’auteur finit par rencontrer Joe Dassin, le fils du metteur en scène Jules Dassin, qui débute alors dans la chanson. Pour le nouveau venu, Jean-Michel adapte des classiques du folk américain, qui en français donne
Dans la brume du matin, Je change un peu de vent, Combien de temps pour t’oublier etc. La nouvelle équipe obtient le succès grâce à Excuse me lady, Comme la lune et Guantanamera, vers 1967.



Les débuts du duo mythique

La même année, Jean-Michel Rivat reçoit un téléphone de Frank Thomas. Ce dernier souhaite travailler avec Jean-Michel et Joe. Ensemble, les deux auteurs signent pour Joe Bip bip, Les Dalton, La bande à Bonnot, Siffler sur la colline, Marie-Jeanne, Comment te dire, chansons qui deviennent les premiers succès de leur interprète.



Suite à ce succès, tous les interprètes de l’époque s’arrachent les chansons de Frank Thomas et Jean-Michel Rivat : Hugues Afray (
Des jonquilles aux derniers lilas, 1968), France Gall (Bébé requin, 1967, Toi que je veux, 1967, 24/36, 1968), Hervé Vilard (Sayonara, 1969), Les Troubadours (Le vent de la jeunesse, 1967), Sylvie Vartan (Deux minutes trente-cinq de bonheur, en duo avec Carlos), Marcel Amont (L’amour ça fait passer le temps, 1971, C’est aujourd’hui dimanche, 1972), Gilles Dreu (Théodorakis, Je marcherai jusqu’au vieux chêne, L’homme qui vola les étoiles, Il faut rendre au diable son violon), Claude François (Y’a le printemps qui chante, 1972, Le lundi au soleil, 1972, Le chanteur malheureux, La musique américaine), Vicky Leandros (Un été, 1972), Patrick Juvet (La musica, 1972, Au même endroit à la même heure, 1972) etc.



Après leur séparation d’avec Joe Dassin, le duo d’auteurs se met à travailler pour Stone et Charden. Ils commencent par leur écrire
Le seul bébé qui ne pleure pas (1971), puis enchaînent avec L’avventura (1972). Pendant les deux années qui suivent, les succès se suivent les uns après les autres : Il y a du soleil sur la France (1972), Made in Normandie (1974) et Laisse aller la musique (1973) entre autres. Il faut dire que Stone connaissait déjà les deux auteurs, puisqu’ils lui ont donné Vive la France, en 1967 (musique de Charden). Le désir de Frank de voler de ses propres ailes met fin à la collaboration, après sept ans de vie professionnelle commune.



À nouveau seul

Jean-Michel Rivat écrit alors (avec Michel Pelay) plusieurs succès pour Alain Chamfort : Adieu mon bébé chanteur,(1972), Madona, Madona (1975), La musique du samedi (1976), La danse c’est naturel, Géant, Signe de vie, signe d’amour. Il écrit aussi Allo Élisa (1979) pour Dave et Un pont de musique (1977) pour Maria de Rossi.



Cependant, l’interprète fétiche de l’auteur sera Michel Delpech. Leur collaboration débute en 1972 avec
Rimbaud chanterait. Plusieurs grands succès de la chanson française naîtront de cette collaboration, dont Les divorcés (1973), Ce fou de Nicolas (1974), Ce lundi-là, Tu me fais planer (1975), Quand j’étais chanteur (1975), Le Loir-et-cher (1977) et Le chasseur (1974). Malheureusement pour l’auteur, Michel Delpech connaît une multitude de problèmes personnels qui le poussent à abandonner provisoirement sa carrière.



Pendant les années quatre-vingts, le métier ayant grandement changé, Jean-Michel devient producteur pour Désireless. Il lui écrit au passage
Voyage voyage (1986), un véritable succès international. Après ce succès, l’auteur-producteur se tourne vers la dance music.



Pour beaucoup, Jean-Michel Rivat et Frank Thomas représente une époque aujourd’hui révolue, mais pleine de joie et de belles surprises. Pour preuve, bien des gens voudraient revivre les années soixante et soixante-dix. Grâce aux enregistrements des diverses chansons de l’époque, on peut heureusement les retrouver en partie.

 

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Sous le nom de Jean-Michel Rivat :


1963. (45 tours CBS EP 5636)
Plus il est indifférent - Pas de chance - Hep! Hep! - Ouvre-moi, oublie-moi.



1965. (45 tours CBS EP 5872)
Voilà mon amour qui passe - Bravo, yep bravo - Tu vas tomber dans mes bras - Moi, je crois.



Sous le pseudonyme d'Edouard :


1966. (45 tours CBS EP 6008)
Les Hallucinations d'Edouard - Tu pleures, alors je reste - My Name Is Edouard (Mon nom est Edouard) - Qu'est-ce qui tourne en rond chez moi ?.



1966. (45 tours CBS 2200)
N'aie pas peur Antoinette - My Name Is Edouard.



1966. (45 tours CBS EP 5750)
Girouette - Leon's Blues - La Plagia - Rock russe.



1966.(45 tours CBS 2266 Pressage promo sans pochette)
Girouette - Rock russe.

 

Merci à Pascal Gavillet et Jean-Claude Coullié pour leur collaboration à cette page.