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Revaux, Jacques

La réputation de ce compositeur de talent n’est plus à faire. En effet, parmi ses succès, figurent Comme d’habitude, La maladie d’amour et J’ai oublié de vivre. Inutile de préciser que sa renommée a largement dépassé les frontières de l’hexagone.

 

Sur la voie de la chanson

Jacques Revaux voit le jour à Azay-sur-Cher, dans l’Indre-et-Loire, en 1940. Adolescent, le compositeur rêve de devenir comédien. Il quitte le lycée pour se lancer dans le cinéma, mais le destin le poussera vers la chanson. À la fin des années cinquante, le jeune homme participe au Numéro un de demain et au Coq d’or de la chanson (1958). Puis vient le temps du service militaire.

 

De retour à la vie civile, Jacques se met à composer pour les artistes yé-yé (certaines de ces collaborations se poursuivront d’ailleurs bien après les années soixante) : Richard Anthony (Si chaque soir meurt une rose, Dieu voit le travail du charpentier, 1975, Je suis trop loin de toi, chanson également enregistrée par Isabelle Aubret), Dalida (Chanter les voix, 1975), Dick Rivers (Ton prénom je l‘aime, 1967, L’histoire d’un homme, 1970, Moi je t‘aime) etc.

 

Les années chanteurs

En 1963, le compositeur enregistre plusieurs quarante-cinq tours, remportant ainsi qu’un succès d’estime. Parmi les chansons qu’il enregistre, figurent Deux larmes, J’ai croqué la pomme, J’attendais et Je ne savais pas. En tant que chanteur, Jacques Revaux participe même au film musical de Michel Legrand Les demoiselles de Rochefort.



Au milieu des années soixante, le compositeur amorce une collaboration fructueuse avec Hervé Vilard. Pour lui, il compose de nombreux succès dont
Les anges du matin, Laisse-moi vivre (1976), Sayonara (1969), Pedro (1966), L’avion de nulle part (1969), Derrière le mur de la maison (1971) et Monsieur Yamamoto (1967). De son côté, Monty enregistre avec succès Fleurs et bonbons et On a changé ma ville, tandis que Michèle Torr chante Rien n‘y fera.



Par ailleurs, c’est également pendant les années soixante que le compositeur se met à travailler avec Claude François. De cette collaboration naîtra, bien sûr, le célèbre
Comme d’habitude, en 1968. Cette chanson est d’abord destinée à Hervé Vilard qui est le seul artiste ayant accepté de l’enregistrer, Michel Sardou, entre autres, l’ayant refusée. Mais Jacques voulant travailler avec Claude, Hervé accepte d’abandonner la chanson (il la reprendra des années plus tard). Claude François modifie légèrement la chanson, en montant les notes du refrain, ce qui lui permet de cosignée la chanson avec Revaux et Gilles Thibaut (l’auteur du texte). Paul Anka en fera une adaptation anglaise, intitulée My way, qui sera interprétée par Elvis Presley, Frank Sinatra, Nina Simone et Ray Charles, entres autres. Quant à son créateur français, il enregistre au début des années soixante-dix L’amour se meurt, avec un succès moindre, mais toujours grand.



Sardou et Tréma

On ne peut évoquer la carrière de Jacques Revaux sans mentionner le nom de Michel Sardou. Selon la légende, le compositeur serait le fils des bouchers chez qui les parents de Michel achetaient leur viande. Cependant, il semble plutôt que les deux hommes se sont rencontrés, en 1966. Jacques compose alors pour lui la musique de Petit (1967), de Nous n’aurons pas d’enfant (1968) et d' América América. Cette nouvelle collaboration pousse le compositeur à se lancer dans la production ; il devient, en effet le producteur du chanteur.



Michel Sardou connaîtra alors une série de grands succès grâce au talent de composition de Jacques Revaux, à commencer par
Les bals populaires, Et mourir de plaisir et J’habite en France, en 1970. Suivront Le rire du sergent (1972), Un enfant (1972), Le surveillant général (1972), La maladie d’amour (1973), Les villes de solitudes (1974), Une fille aux yeux clairs (1974) Le France (1975), La java de Broadway (1977), Les lacs du Connemara (1981), Les deux écoles (1984)... En fait, le compositeur collabore à presque toutes les chansons de l’artiste. Il compose aussi pour Pierre Billon, autre collaborateur de Michel, L’indien blond.



Toujours pour Michel Sardou, cette fois avec la collaboration de Régis Talar qu‘il a rencontré en 1962, Revaux fonde la maison de disque Tréma. Outre Michel, d’autres artistes viendront se joindre à l’écurie de cette firme devenue aujourd’hui célèbre : Enrico Macias, Hervé Vilard, Catherine Lara, Michel Delpech etc.



L’éclectisme du compositeur

Parallèlement à ses activités de producteur, Jacques Revaux continue de composer des chansons pour d’autres artistes. En 1968, Marcel Amont enregistre Le jour de mes quatre saisons, puis en 1975, Les artistes. Il enregistre aussi Vivement qu’on soit heureux (1972), Une fille aux yeux bleus (1970) et Marcel Valentino (1970), entres autres. Mike Brant fait également partie des interprètes du compositeur. Il enregistre la chanson Qui a tort, en 1972. Quant à Hugues Aufray, il interprète Le bon Dieu s’énervait, en 1971. Enfin, Christian Delagrange enregistre Tu es un homme, en 1974.



Par ailleurs plusieurs artistes féminines interprètent également le compositeur désormais célèbre. Séverine fait partie de ces femmes. Elle crée ainsi avec succès plusieurs chansons dont
J’aime (1969), Tu ne vois jamais le vent (1971), Vers la lumière (1971), Viens (1971), Vivre pour moi (1971). Patricia, enregistre Leur amour, en 1970. Nicoletta (En amour, 1970), Sylvie Vartan (Changement de cavalière, J‘ai caché le soleil, 1969), Rosy Armen (Où sont les garçons, 1968), Jacqueline Dulac (Deux cœurs), Annie Philippe (Le temps des poupées) et Mireille Mathieu (Mon bel amour d’été, On y revient toujours) ont également droit à leur part de succès grâce à Jacques Revaux.



De Johnny à Aznavour

Parmi les interprètes fétiches du compositeur, figure en bonne place Johnny Hallyday. En 1968, le rocker français enregistre Mon fils. Plusieurs autres chansons suivront dont Les anges de la nuit (1969), C’est pas comme ça que tu l’oublieras (1978), Le cœur en deux (1977), Jeune homme (1969). Cependant, c’est avec J’ai oublié de vivre, en 1977, qu‘ils connaissent le succès.



Pendant les années quatre-vingts, il compose pour Enrico Macias, qui vient d’arriver chez Tréma. Cette collaboration donne
Un homme comme toi, mais surtout Générosité (toutes deux de 1984). Charles Aznavour fait également appel à Jacques Revaux, en 1994, pour Toi et moi. Aujourd’hui, le compositeur est toujours actif et continue de collaborer avec Sardou, qui fut le témoin de son mariage en 1999.



Jacques Revaux peut être fier de sa carrière qui compte de nombreux succès, dont le plus prestigieux est sans contredit
Comme d’habitude. Cette chanson fait partie de celles qui rapportent le plus de droits d’auteurs à ses créateurs, selon la SACEM.

 

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19??. (45 t Columbia SCRF600)
Fais le fou - Je sais que j'ai tort.



1959
. (45 t Columbia ESRF1247)
J'ai croqué la pomme - Que fais-tu là - Souvenir du mois de mai - J'ai brûlé ma jeunesse.



1960
. (45 t Columbia ESRF1271)
Reste comme ça - Oublie-moi - Des brassées de chansons - T'en fais pas.



1963
. (45 t Columbia SCRF705)
J'attendais - Oh ! Peggy.



1963
. (45 t Columbia SCRF706)
Va, va-t'en - On va danser.



1963
. (45 t Columbia ESRF1429)
On va danser - J'attendais - Va, va t’en - Oh Peggy.



1963
. (45 t Columbia ESRF1375)
Tu comprendras - Je ne savais pas - Je sais que j'ai tort - Fais le fou.



1963
. (45 t Columbia ESRF1388)
Quand revient l'été - Je suis trop loin de toi - Oui les filles - Quand je me souviens.



1964
. (45 t Columbia SCRF 742)
Sammy - Tu dis oui.



1964
. (45 t Columbia ESRF1507)
Deux larmes - Je n'y crois pas - De plus en plus fort - Tu dis oui.



1965
. (45 t Barclay 70758)
Tu grandiras - Comment le ciel - J'attends toujours - On ne va pas se disputer.



1966
. (45 t Riviera 231 217, paru sous le nom de Philippe Malidor)
Le temps de vieillir - Pleure - Tant de fois (Sai sai sai) - Ça fait du bien de t'en parler.



1976. Le monde symphonique de Michel Sardou et Jacques Revaux
. - (33 t 30 cm Tréma 310 018)
Le France - Les villes de solitude - J'habite en France - Les bals populaires - Les vieux mariés - Un accident - La maladie d'amour - Le rire du sergent - Une fille aux yeux clairs - Zombi Dupont - La Marseillaise (chantée par Michel Sardou). - Interprété par le Grand Orchestre de Jean Claudric.



1995. Le monde symphonique de Michel Sardou et Jacques Revaux
. - (CD Tréma 710025)
Le France - Les villes de solitude - J'habite en France - Les bals populaires - Les vieux mariés - Un accident - La maladie d'amour - Le rire du sergent - Une fille aux yeux clairs - Zombi Dupont - La Marseillaise (chantée par Michel Sardou). - Interprété par le Grand Orchestre de Jean Claudric.