Jean Renard n’est pas seulement un compositeur de talent. Il fut également producteur pour Johnny Hallyday, Mike Brant et Jeane Manson, leur laissant au passage quelques-uns uns de leurs plus grands succès.

 

Les premières années

Né à Provins, en 1933, Jean Renard se passionne très tôt pour la musique. Il apprend l’harmonica, le pipeau, la clarinette et le piano. Après avoir abandonné ses études, à l’âge de seize ans, il aide son père dans l’entreprise de peinture que possède sa famille. À cette époque, il compose sa première chanson, intitulée initialement Roseline. Il la montre à l’éditeur Rudy Revil, qui à son tour la donne à un chef d’orchestre allemand. Finalement, la chanson tombe entre les mains de Brenda Lee, qui l’enregistre sous le titre de Losing you (parolée par Carl Sigman). En français, la chanson devient Connais-tu ?, par Tino Rossi, puis Colette Deréal, ou encore Mon ange par Maria Candido.

 

Pendant son service militaire, vers 1954, il fait office de chef d’orchestre. Une fois libéré, il devient photographe, puis monte à Paris. Il intègre un orchestre et devient chanteur lorsqu’il doit remplacer celui de l’orchestre. Pendant cette période,  il écrit également des chansons, signant à la fois paroles et musiques. Sur les conseils d’un ami, il va voir Rolf Marbot, qui travaille pour les éditions Méridian. Suite à un rendez-vous manqué avec Dalida, l’éditeur lui suggère de chanter ses chansons lui-même.



Les années yé-yé

C’est ainsi qu’à l’ère du yé-yé, il passe des auditions dans diverses maisons disques. Finalement, en 1960, il est engagé par Polydor, où il enregistre deux disques sous le nom de Big Twist. Comme le succès tarde à venir, le compositeur-interprète reprend son vrai nom, dès 1961. Il chante dans divers cabarets dont la Tête de l’Art et Chez ma cousine.



En 1963, grâce à l’éditeur Francis Dreyfus, Françoise Hardy enregistre
Le premier bonheur du jour, une chanson d’abord destinée à Brigitte Bardot. Colette Deréal enregistre alors À la gare Saint-Lazare, Ceux qui s’aiment depuis longtemps, Un ange et Le tyrolien, tandis que les Les Compagnons de la Chanson chante Le clown et l’enfant triste. Parmi ses premiers interprètes, on remarque aussi les noms de Mathé Altéry (Quand on s’aime), Nancy Holloway (C’est pas comme ça, Vas-y, mais vas-y donc), Yolanda Lisi (Ce n’est pas ça l’amour), Eddy Mitchell (Tu vas rentrer chez toi, 1964), Monty (Ça te fait rire) et John William (Répondez-nous Seigneur, En suivant notre amour).



Après ses premières années de carrière chez Polydor, Jean Renard signe chez Pathé-Marconi. Il compose des musiques qui deviendront plus tard des chansons et continue de se produire sur scène. Sous l’égide de Pétula Clark, il enregistre deux disques chez Barclay, en 1966. Cette dernière interprète la même année
Absent pour raison d’amour. Elle chantera également Tu ne joues plus et Rêve (1969).



Sylvie, Johnny et les autres

Au milieu des années soixante, il rencontre, toujours grâce à son éditeur, l’auteur Gilles Thibaut. Il met en musique une chanson intitulée Par amour par pitié, ayant l’intention d’en faire son prochain disque. Mais, Francis Dreyfus inciste pour que la chanson soit interprétée par une grande vedette. Le compositeur exige que cette grande vedette soit Johnny Hallyday. Le hasard veut que Sylvie Vartan entende la chanson la première et en tombe littéralement amoureuse. Elle l’enregistre donc, en 1967, et demande au compositeur de devenir son directeur artistique. Sylvie Vartan interprétera, par la suite, Deux minutes trente-cinq de bonheur (en duo avec Carlos, 1967), La Maritza (1968), Je suis comme ça (1968), Irrésistiblement (1969), Les hommes (1970), Bien sûr (1974), Un peu de tendresse, Le roi David...



Évidement, Johnny Hallyday chantera à son tour les compositions de Jean Renard. Il commence par enregistrer
Entre mes mains (1968). Le succès viendra l’année suivante grâce à Que je t’aime. Comme pour Sylvie, Jean Renard devient le directeur artistique de Johnny. Pour le couple, il compose J’ai un problème, en 1973. Hallyday interprète également, Dans ma vie (1969), Ceux que l’amour a blessés (1971), Comme un corbeau blanc (1973), Prends ma vie (1974) et Je t’aime, je t’aime, je t’aime (1974), entres autres.



À la fin des années soixante, Herbert Léonard enregistre
Pour être sincère, Mère, Il neigeait sur le Danube bleu (1969). Jean Renard compose également pour Marcel Amont (Monsieur, 1970), Claude François (Pardon, 1967, Petit Jésus, 1970), Mireille Mathieu (Mon bel amour d’été, 1969, Toi, moi, nous, 1971, chanson qui sera reprise par Mike Brant), Dick Rivers (Pas très jolie, 1969), Régine (La famille animal, 1969) et Séverine (C’est la vie, 1970). L’explosion ne tardera pas à venir, grâce à Mike Brant.



Mike Brant et Jeane Manson

Découvert par Carlos et Sylvie Vartan à Téhéran, le jeune homme vient à Paris et finit par rencontrer Jean Renard. Le compositeur deviendra son producteur et signera paroles et musiques le premier succès de l’artiste : Laisse-moi t’aimer, en 1970. La même année, Mike chante Parce que je t’aime plus que moi, Mais dans la lumière, Un grand bonheur et l’année suivante À corps perdu, Fécità et Nous irons à Sligo. Il chantera encore Au pays de ma maison (1972). Presque sur un coup de tête, Jean Renard abandonnera son poulain. En effet, ce dernier voulant faire l’Olympia, il organise le spectacle dans le dos du producteur. En guise de représailles, le compositeur abandonne ses parts à son associé Gérard Tournier. Peu de temps avant la mort de Mike, les deux hommes se sont heureusement réconciliés, mais aucune nouvelle chanson n’a pu voir le jour.



En 1975, année de la mort de Mike Brant, Jean Renard décide de quitter la production. Il laisse donc Johnny Hallyday et Sylvie Vartan. Un coup de fil de Jacques Marouani va changer les plans du compositeur-producteur. Jacques présente Jeane Manson au compositeur. Il devient son producteur et lui fait enregistrer
Avant de nous dire adieu, en 1976. Jusqu’en 1981, la chanteuse interprétera les chansons de son producteur : La chapelle de Harlem (1976), Une américaine à Paris (1976), Vis ta vie (1979), Fly to New-York City (1979)... Des divergences d’opinions entre Jean Renard et Jeane Manson vont les séparer. Le compositeur cède les bandes à CBS, comme il avait cédé les bandes de Mike Brant.



Une panoplie d'interprètes

Entre temps, Rika Zaraï a interprété quelques unes de ses chansons dont C’est ça la France (1973), Va tu verras (1974) et Viens danser (1976). Pendant les années quatre-vingts, Jean Renard compose le générique de plusieurs séries télévisées dont Dallas (1979), Rémi sans famille (1981) et Santa Barbara (1992). Il fonde même, en 1985, un institut de musicothérapie. Le compositeur produit également plusieurs spectacles à grand déploiement : Son et lumière (1987), Ville en fête (1988).



En 1995, il collabore à l’album
Rebelle et sauvage d’Alain Delorme, puis écrit pour la fille de Jeane Manson, Jennifer. En 1998, sa nouvelle protégée se nomme Victoria et n’a que treize ans. Avec les chansons Le désir de chanter et Le Saint-Laurent coule à Paris, elle réussi à se faire remarquer.



Bref, Jean Renard eu une belle et longue carrière, qui fut récemment récompensée par le Grand Prix de la chanson française de la SACEM (2001). Aujourd’hui, il compte se consacrer à la communication et a publié ses mémoires. On retrouve toujours ses chansons comme on retrouve de vieux amis, tellement elle font partie de notre mémoire collective.

 

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~Que je t'aime la vie. - Marques pages, 2003. - ISBN 295192612X.

 

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Jean Renard a enregistré neuf quarante-cinq tours pendant sa carrière

Merci de m’aider à compléter cette discographie.

 

1961. (45 tours ??????, paru sous le nom de Big Twist)
Rocket bye bye - T’es plus la même - C’est ta petite sérénade - Oh! Sauve-moi.



1961. (45 tours Polydor 21846, paru sous le nom de Big Twist)
Sacré Big Twist - Roule roule mon coeur - Violetta - Pour l’amour de toi.



1961. (45 tours Polydor 21729)
Allez (Quand je serai marin) - Connais-tu ? - Sache bien - On s’en fout.



1961?. (45 tours Polydor 21730)
Jouez trompettes - Lutins et lutines - Quand je sors de ma coquille - Tout ça c’est du vent.



1962. (45 tours Polydor 21784)
Sainte-Marie - Les couleurs de l’amour - Tant qu’il y aura - Toi qui rêvais.



1962. (45 tours Polydor 21853)
En suivant notre amour - Le temps de la sérénade - Un moral de plomb - Faisons la paix.



1966?. (45 tours La voix de son maître EGF697)
Jette-toi à l’eau - Si je comprends bien - Oô Wah Oô Wah - On n’aime pas les nouveaux.



1966. (45 tours Barclay 70949)
Raconte-moi - Je cherche quelqu'un qui te ressemble - Le Mouron - Une Ombre dans la nuit.



2002. Twistin’ the rock : Big Twist (Jean Renard) et Les Dangers (CD Magic Records 5892892)
Rocket bye bye - T’es plus la même - C’est ta petite sérénade - Oh! Sauve-moi - Sacré Big Twist - Roule roule mon coeur - Violetta - Pour l’amour de toi - Rocket bye bye (par Les Dangers) - Oh ! Marie Line (par Les Dangers) - Mille rayons (par Les Dangers) - Leçon de twist (par Les Dangers) - Play madison (par Les Dangers) - Un moral de plomb (par Les Dangers) - Whistling madison (par Les Dangers) - Toute ma chance (par Les Dangers).