Connu pour ses chansons interprétées par Henri Salvador, Maurice Pon a signé de nombreuses chansons pour d’autres artistes, dont Bourvil, Les Chats Sauvages et Rika Zaraï. Si plusieurs de ses oeuvres sont fredonnés pas le public, son nom reste malgré tout confidentiel.

 

Les débuts

Maurice Pon naît à Bordeaux en 1921. Son adolescence est marquée par l’écriture, puisqu’il écrit à cette époque ses premiers poèmes et chansons. À l’âge de 16 ans, il fait parti d’un groupe musical en tant que batteur. Ce virtuose, qui a fait ses études au lycée Michel Montaigne, où il a côtoyé le celui qui deviendra le grand chef d’orchestre Norman Maine, joue aussi du violon et de la guitare.



À son arrivée à Paris, en 1942, Maurice fait son entrée dans le métier via le théâtre. Il y dirige, en effet, une troupe théâtrale au Centre de la rue Trévisse. En 1943, il fait la connaissance de Bernard Michel, avec qui il écrit
Bedelia pour Ray Ventura et ses collégiens, en 1947. Henri Salvador fait justement parti, à cette époque de l’orchestre de Ray Ventura. Les deux hommes se lieront d’amitié et au cours des années plusieurs chansons naîtront de cette amitié.



Henri Salvador et les premiers interprètes

De la collaboration entre Salvador et Pon, sont issues plus de 250 chansons parmi lesquels on peut citer : Le loup, la biche et le chevalier (Une chanson douce, 1950), Ma chansonette (1950), L’abeille et le papillon (1956), Le petit indien (1956), Dans mon île, Le travail c’est la santé. L’abeille et le papillon est également enregistrée par Yvette Giraud, qui chantera aussi Bonne année et Joyeux Noël.



Parmi les premiers interprètes de l’auteur, il faut également citer Lisette Jambel (
Les galipettes, 1952), Paulette Rollin (En traînant la savate, 1955), Lucette Raillat (Les éléphants, 1958, À ce train-là, La reine de la revue, 1960), Tohama et Les Frères Jacques (Le concours Lépine). En 1953, Maurice Pon signe, avec Claude Amy une série de sketches humoristiques sur France Inter intitulée Contes farfelus.



De vedettes en vedettes

À la fin des années cinquante, les Trois Ménestrels (La bourée des labours, 1959, Marche 78, 1959, Les vaches seront bien gardées), Bourvil (Joli mois de mai), Marcel Amont (Le printemps s’en va, 1959), Jean Sablon (Toi si loin de moi, 1959), André Claveau (Olivia, Toi, tout l’amour du monde, 1959), Fernandel, Eddie Constantine, Félix Marten et Jean-Jacques Debout s’ajoutent aux interprètent de l’auteur.



Pendant les années soixante, en plus de produire Les Criquets, Les Collégiennes et Claudette et Sylvie, le parolier écrit pour Rika Zaraï (
Une pâquerette), Frida Boccara (Qui peut savoir, 1962), Colette Deréal et Les Chats Sauvages (Dis-moi si c’est l’amour, 1961). Les artistes étant produit sur le label Rigolo d’Henri Salvador, dont Tiny Yong (C’est fini nous deux, 1964, En rêve, 1963, Je t’attendrai, 1964, Mon chien et moi, 1964, Tais-toi petite folle, 1963, Tout ce que fut l’amour, 1964, Tu es le roi des menteurs, 1965) et Jacky Moulière (Tant pis pour toi, 1965), s’ajoutent également aux interprètes de l’auteur.



Pour les enfants

Parmi les autres interprètes de Maurice Pon, il faut citer Anne Andersen (Des larmes de joies), Lucky Blondo (Trop sage pour aimer), Nana Mouskouri (Toi, que j’inventerais), Jacqueline Boyer (La mer, la plage, Ton tour viendra, Bijou, 1968), Michel Fugain et Georges Guétary, entres autres.



Puis, Maurice se tourne vers la chanson pour enfants en créant, à la fin de la décennie, les disques Mirliton. En 1983, il obtient le prix de la chanson pour enfants de la SACEM.



Pendant les années quatre-vingt dix, l’auteur se fait moins présent. Il écrit pour la télévision des contes pour enfants. Par le biais des rééditions en Cd des chansons parues initialement sur vinyles, on peut réécouter celles écrites pour ses principaux interprètes. Un auteur à découvrir ou à redécouvrir.