La carrière de Pierre Papadiamandis est intimement liée à celle d’Eddy Mitchell. Depuis plus de 30 ans, les deux hommes collaborent ensemble et ont créé plusieurs succès de taille dont J’ai oublié de l’oublier et Couleur menthe à l’eau sont deux exemples.

 

Entre classique et jazz

Pierre est né en 1937 (ou en 1941, selon certaines sources consultées), à Paris. De ses parents, qui sont originaires de l’Anatolie, en Grèce, le compositeur garde une attirance marquée pour la musique grecque et turque. Il avoue aimer particulièrement les blues des pêcheurs du Pirée. Il commence à apprendre le piano classique à l’âge de cinq ans, puis se passionne pour le jazz.

 

Pendant ses années d’adolescence, à Nogent-sur-Marne, Pierre fait partie d’un groupe de musicien. Plus tard, il devient caméraman pour la firme Gaumont. Parallèlement, le compositeur commence à se produire dans les boîtes de nuit de Paris. C’est dans ce dur milieu qu’il réalise qu’il ne sera jamais un grand jazzman.



Les débuts d’une longue collaboration

C’est alors qu’un de ses copains, Jeff Sefer, saxophoniste pour Eddy Mitchell, lui propose d’intégrer l’orchestre du chanteur en tant que pianiste. Après un spectacle à l’Olympia, où il accompagne Antoine en première partie de James Brown, Pierre décide de sortir sa première composition de ses tiroirs et de la montrer Eddy. Cette composition deviendra leur premier succès commun : J’ai oublié de l’oublier, en 1966. Ce premier succès sera le prélude à une longue et fructueuse collaboration.



L’année suivante, Eddy Mitchell crée
Alice, mais le succès se fait plus timide pour le chanteur. Malgré tout, Papadiamandis continue de collaborer avec le chanteur : Le début de la fin (1967), Je n’aime que toi (1968), Seuls les anges ont des ailes (1969), Dodo métro boulot dodo (1970). Les droits d’auteurs du compositeur ne lui permettant pas de vivre décemment, il doit donc continuer d’accompagner divers artistes au piano.



Le retour du succès

Pierre compose également des chansons pour d’autres artistes, pendant cette période. En 1971, Dick Rivers enregistre Bye bye Lily. Suivront Pardon si tu m’aimes et Pour l’impossible. C’est également en 1971, que le succès revient pour Eddy Mitchell et son compositeur avec C’est facile et En revenant vers toi. Cette dernière chanson a même faillie être enregistrée par Elvis Presley, mais ne sera finalement pas retenue par l’artiste.



Par ailleurs, lors d’une tournée où Pierre accompagne Michel Delpech sur scène (cette tournée passera par le Canada et le Japon), il crée
Que Marianne était jolie. Le chanteur, qui en signe le texte, enregistre la chanson en 1972, ainsi que, plus tard, Toutes les filles. Au même moment, le compositeur décide d’arrêter les tournées et de se consacrer uniquement à la composition de chanson. Il faut dire qu’entre temps, il s’est marié et doit donc s’occuper de sa famille. En 1972, il place la chanson Comme un lion en hiver à Johnny Hallyday, qui enregistrera, en 1983, Mes souvenirs, mes 16 ans.



Les plus grands succès

Après avoir composé pour Eddy deux chansons sans succès, Je ne deviendrai jamais une superstar (1975) et Je vais craquer bientôt (1976), Pierre crée des chansons qui figureront parmi leurs plus grands succès : La dernière séance, La fille du motel (1977). Entre temps, Françoise Hardy a droit à L’impasse, qu’elle enregistre sur l’album Star produit par Gabriel Yared.



Pendant cette période où le disco bat son plein, Pierre Papadiamandis compose
I need a man, Sorry, What’s the trouble et Don’t mess with the messer (1979), pour Grace Jones. Le compositeur est le premier à avoir fait chanter cette femme alors qu’elle n’était encore que mannequin.



Les années quatre-vingts démarrent en lion pour le compositeur avec une brassée de tubes créés par Eddy Mitchell :
Couleur menthe à l’eau (1980), Happy Birthday (1980), Le cimetière des éléphants (1982), Comme quand j’étais môme (1984), Nashville ou Belleville (1984).



Par ailleurs, Céline Dion, alors débutante, enregistre
Benjamin, en 1984. Plus tard, Ray Charles enregistre en duo avec Dee Dee Bridgewater Precious Thing (1988, chanson co-signée avec Ronnie Bird). Le célèbre chanteur récidive, en solo cette fois, avec Say no more et Separate ways (1996).



Une carrière bien remplie

Pendant la décennie suivante, Eddy Mitchell fait toujours partie des interprètes du compositeur : Lèche bottes blues (1989), Rio Grande (1993), Dix-huit ans demain (1993), Un portrait de Norman Rockwell (1996). Pierre Papadiamandis collabore également avec Michel Delpech, en 1995 ; il signe deux chansons de l’album Le roi de rien.



Enfin, le portrait de ce compositeur ne serait pas complet sans Jacqueline Dulac (
Il pleut sur les amandes) et Line et Willy (Tout l’or du monde) qui ont interprété deux de ses chansons. À plusieurs reprises, la SACEM attribua des prix à Pierre Papadiamandis, notamment en 1990, 1993 et 1996.



En plus d’avoir enregistré quelques disques, le compositeur travailla également pour le cinéma (musique d’
Une semaine de vacances) et pour la télévision (Téléchat, J’ai bien l’honneur, Le petit docteur etc.).



Pierre Papadiamandis dit avoir fait ce métier pour donner de l’émotion aux gens. Il a probablement réussi à transmettre cette philosophie à son fils, Mathieu, brillant concertiste classique. Espérons qu’il continue encore longtemps à nous transmettre cette émotion. À écouter, ou réécouter, ses chansons, il est impossible d’en douter.

 

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Merci de m'aider à compléter cette discographie.

 

1976. (45 t Barclay 62301, paru sous le nom de Diamandis)
De quoi rêver - Je suis un père.



1977. (45 t. Philips 6172034)
L'amour en cadillac - L'envoûtement.



197?. - Une jolie poupée de satin (45 t Philips 6172137).

 

Merci à Pascal Gavillet pour sa collaboration à cette page.