Compositeur très apprécié dans les années 50, Marc Fontenoy signe quelques uns des plus grands succès de la décennie. Lucienne Boyer, Yves Montand, Bourvil, Marcel Amont et Tino Rossi sont du nombre de ses nombreux interprètes.

 

Du chanteur au compositeur

Alexandre Schwab, qui se fera connaître sous le nom de Marc Fontenoy, naît en 1910, à Sarny, en Russie. La révolution bolchevique pousse sa famille à s’installer en France. Après avoir débuté sa vie professionnelle en tant qu’avocat, Marc Fontenoy devient compositeur. Il se produit également au Collège Inn à Montparnasse, où il est pianiste-chanteur.

 

En 1945, il obtient avec La valse tourne, chantée par Annie Flore, son premier grand succès. La chanson sera reprise par Lucienne Boyer en 1947. Cette dernière interprète également Le carillon du soir (1947) et C’est dans ma rue (1951). Suite au succès de Joseph est au Brésil, chanté par Félix Paquet, le compositeur se fait engager par les éditions Paul-Beuscher, où il se fait une solide réputation d’auteur-compositeur.

 

Forts de ces deux succès, Marc en signe plusieurs autres pour ses premiers interprètes : Suzy Solidor (Philomène, 1949), Armand Mestral (Le long de la rivière, 1949), Jacques Pills (À cheval, 1947), Fred Adison et son orchestre (À cheval, 1948, Joseph est au Brésil, 1948, Bella musica, 1952), Tohama (Le pêcheur, 1950) et Lily Fayol (À la française, 1950).

 

Une suite de succès

Les années 50 s’avèrent très prolifique pour le compositeur. En effet, Marc Fontenoy étant de plus en plus reconnu, les interprètes de l’époque s’arrachent ses chansons. Andrex reprend, en 1948, Joseph est au Brésil. Il interprète également Le pêcheur (1950), Bella musica (1952), Quelle heure est-il (1952) et Mais le dimanche (1952). Bourvil enregistre la parodie Pêcheur et paysan, en 1950. Les Soeurs Étienne chantent Quelle heure est-il, l’année suivante.

 

Par ailleurs, les chanteurs de charme tels que Lucien Jeunesse (À la française, 1951), Raymond Girerd (Mon vieux cow-boy, 1951, L’île des cocotiers, 1952), Patrice et Mario (Samba d’amour, 1950), Tino Rossi (Saci, 1955, Le bateau de Tahiti, 1958), André Claveau (La petite diligence, 1951, Écoute-moi, 1956, Joli chapeau) et Pierre Malar (Le bateau de Tahiti, 1959) démontrent le grand éclectisme de Marc Fontenoy.

 

Ce dernier compose également pour Lucienne Delyle (Comme le soleil, 1959, Du bonheur, 1951, Mon coeur se balade, 1957, Mon seul amour, 1959), Jacques Hélian (Le petit train, 1953), Dario Moreno (Istanbul, 1954), Rose Mania (Buffalo bar, 1955) et Les Frères Jacques (Voyage au bout de la rue, 1958, Buffalo bar, 1956). Annie Cordy inscrit à son répertoire Viens à Nogent (1954), Torero (1953) et La fille du cow-boy (1954).

 

En 1957, Dalida et Gloria Lasso se partagent Buenas noches mi amor, certainement le plus grand succès du compositeur. La même année, John William crée Sur la piste blanche, tandis que Marcel Amont enregistre ses premières chansons dont Geneviève (qui sera aussi interprété par Henri Genes) et Menuet de la reine, qui sont signé par Marc.

 

Les bohémiens

Marc Fontenoy est, à la fin des années 50, au sommet de sa gloire. Il n’est donc pas étonnant de voir le nombre de ses interprètes augmenter. Ainsi s’ajoutent à ceux déjà cités Francisco Grandey (Canastos, L’amour commande, 1957, Miguel, 1957), André Dassary (Es bonito, 1958), Georges Guétary (Telle que tu es), Frédérica (L’herbe parfumée, 1956), Yvette Giraud (Mon seul amour, 1958), Simone Langlois (Deux enfants, 1958, aussi par Marie-José), Danielle Darrieux (Ma petite chanson, 1958), Lucette Raillat (La morte-saison, 1958), Francis Linel (Sur mon île), Maria Candido (Le bateau de Tahiti), Eddie Constantine (Pleure pas Nelly) et Annie Fratellini (La morte-saison, 1957).

 

Avec la vague yéyé, l’arrivée de nouveaux auteurs et compositeurs dans le monde de la chanson française bouleversent grandement le milieu. Le compositeur se fait donc plus rare. Frida Boccara interprète magnifiquement Les bohémiens, en 1961. Un peu plus tard, c’est au tour de Théo Sarapo (Les filles c’est comme ça) et de Sylvie Vartan (Deux enfants heureux, Les clous d’or) d’enregistrer des chansons du compositeur.

 

Marc Fontenoy fut secrétaire général et administrateur à la SDRM. Il s’éteint à Paris, en 1980. Il a par ailleurs publié deux contes pour enfants, où il a créé les personnages de Mic et Moune.

 

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~Mic et Moune au grand domaine. - Illustrations d'Annie Beynel. - Hachette, 1964. - 256 p.

 

~Mic et Moune chez son altesse. - Illustrations de François Batet. - Hachette, 1965. - 191p.