Il est impossible d’évoquer Jacques Demarny sans nommer Enrico Macias. Ces deux hommes partagent des dizaines et des dizaines de succès, dont Enfants de tous pays, Malheur à celui qui blesse un enfant et Les millionnaires du dimanche.

 

Les frères Demarny est les premiers interprètes

 

La carrière de Jacques Demarny, qui est né à Paris en 1925, commence en 1947, année où il monte un numéro de Duettiste avec son frère Jean. Les deux frangins enregistrent plusieurs disques et chantent dans divers music-halls de la capitale. L’aventure dure jusqu’en 1959, où suite à leur séparation, Jacques décide d’écrire pour les autres.



Ses premiers interprètes se nomment Miguel Amador (
Les arènes sont trop grandes, Quand on s’aime, Noca la noce, Les Saintes-Maries de la mer), Annie Cordy (Allez hop, 1960, Mohican le grand), Danielle Darieux (Prends le temps de m’aimer d’avantage), Simone Langlois (L’amour est là), Marie-José (Adieu adieu mon amour, reprise par Bob Azzam, Seule sans toi), Jean-Claude Pascal (L’eau sur ton visage) et Georges Ulmer (Le jour où tu es partie).



L’arrivée d’Enrico

 

Le succès ne vient qu’avec un ancien instituteur venu d’Algérie et qui se lance dans la chanson, Enrico Macias. Leur première chanson commune, Enfants de tous pays, est un véritable succès populaire, en 1963. La même année, Enrico enregistre La femme de mon ami, suivie, en 1964, de Notre place au soleil. Jacques Demarny collaborera avec Enrico pendant de longues années encore, signant, seul ou avec d’autres auteurs, la majorité des textes de l‘artiste.



Parmi leurs succès communs, il faut citer, entre autres,
Mon coeur d’attache (1965), Vous les femmes (1965), Non je n’ai pas oublié (1966), Solenzara (1966), Les millionnaires du dimanche (1967), Les gens du nord (1967), Puisque l’amour commande (1967). Leur plus grande année, en terme de succès étant 1968, où Enrico crée Noël à Jérusalem, Aux talons de ses souliers, Dès que je me réveille, Toi la mer immense, Le plus grand bonheur du monde, Dis-moi ce qui ne va pas et Aux quatre coins du monde.



Les décennies suivantes sont aussi riches en succès que les années soixante :
Quand on est amoureux (1970), J’ai le coeur qui bat (1970), Un grand amour (1971), Oui moi j’espère (1971), La romance (1973), Malheur à celui qui blesse un enfant (1975), Ouvre-moi la porte (1980), Deux ailes et trois plumes (avec Astrid, 1983) et Mon chanteur préféré (1986) en sont quelques exemples.



Les voix du succès

Pendant les années soixante, de nombreux interprètes enregistrent les chansons de Jacques Demarny dont Mathé Altéry (Je peux te le dire, Tant de chance, Sans dire un mot), Dalida (Modesty, 1966), Colette Deréal (Ave Maria, C‘est toujours pareil, Il n‘y a pas de mal, Quand je jouais cet air-là), Georges Guétary (C’est toi que j’attendais, 1966, Lequel des deux préfères-tu?), Georgette Lemaire (À deux à nous deux), Mireille Mathieu (À coeur perdu, Quand on pense à l‘amour, 1968), Tino Rossi (Quand minuit sonne), Théo Sarapo (Oui je veux vivre), Sheila (Le pipeau), Téréza (Viens me retrouver), Michèle Torr (Pour quelques roses, Pour toi, 1970) et Sylvie Vartan (Deux bateaux, 1969).



En 1971, l’auteur participe à l’Eurovision, avec
Un jardin sur la terre, interprétée par Serge Lama. Si l’interprète en restera là, la compositrice de la chanson, Alice Dona, poursuivra la collaboration avec Jacques, qui fut amorcée l‘année précédente. Ainsi naîtront Avec toi (1970), La même histoire (1970), La vie tout un jour (1970), Oui j’ai déjà fait l’amour (1976).



De Guichard à Lenorman

Parmi les interprètes fétiches de l’auteur, outre Enrico Macias, il faut citer Daniel Guichard. En effet, grâce à Jacques Demarny, le chanteur enregistre quelques beaux fleurons de son répertoire, dont certains sont cruellement méconnus : Je t’aime tu vois (1974), À quoi bon chercher (1976), Avant toi, après toi (1976), Le bonheur de vivre en commun (1976), Je n’ai pas le coeur à sourire (1976), Un jour de la vie (1976), Vieillir ensemble (1976), Elle n’est pas jolie, elle est mieux que ça (1978), Pose ta valise (1978), Ce n’est pas à Dieu que j’en veux, C’est très difficile de faire une chanson, La découverte et Je vis ma vie, entre autres.



Par ailleurs, à la même époque, Gérard Lenorman enregistre
N’en parlez pas (1973), Après tant de souvenirs (1974), Je voudrais devenir berger (1974) et Mourir au champ d’amour. L’auteur signe également plusieurs chanson pour le groupe Les Troubadours dont Le cantique de l’amour (1974), Les gens du voyage (1974), Il faut aller au bois (1974) et Du papier blanc de l’encre noire (1975).



Les années soixante-dix et quatre-vingts

Parmi les interprètes des années soixante-dix, figurent également Frida Boccara (Un enfant de France), Christine Chartrand (Un amour ça peut mourir, 1971), Pierre Groscolas (Laisse-moi tranquille, 1975), Lenny Kuhr (Jésus Christo, 1971, aussi chanté par Romuald, Tout ce que j’aime, 1973, Cet amour c’est la vie, 1974), Vicky Leandros (Ce matin-là, 1976), David Martial (Écris-moi, pense à moi, 1978), Gilles Olivier (Ça n’a rien d’étonnant, Deux comme nous, 1975), Nicole Rieu (La maison de sable, 1975) et Rika Zaraï (Il n’y a que l’amour qui peut sauver le monde, 1969, Jouez musiciens, 1970, Tous les matins).



Enfin, les années quatre-vingts sont plus tranquilles pour Jacques Demarny. Outre, Enrico, peu d’interprètes chanteront ses chansons. Malgré tout, il faut citer Nana Mouskouri (
La colombe est en chemin, On a tout partagé, 1980) et Demis Roussos (Les enfants de l’amour, 1982). Par ailleurs, il occupe le poste de président du conseil d'administration de la SACEM, de 1996 à 1999, puis de 2001 à 2003. Bref, une carrière sous le signe du succès.

 

Jacques Demarny s'éteint le 12 janvier 2011, à l'âge de 85 ans.Ses mots étant désormais ancrés dans notre mémoire collective, gageons qu'on les chantera encore dans cinquante ans.

 

 

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~Macias, Enrico ; Demarny, Jacques. - Non, je n'ai pas oublié - Propos d’Enrico Macias recueillis par Jacques Demarny. - R. Laffont, 1982. - 346 p. - Collection Vécu.

 

 

 

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Merci de m'aider à compléter cette discographie.
 

195?. (78 tours Saturne 3017)
L'apéro - Tout le monde n'a pas.



195?. (78 tours Saturne 3018)
C'est la fête à monsieur le maire - Poisson d'avril.



1952
. (78 tours Saturne 3019)
Les trois petits bouffons - Ballade à Paris.



1952. (78 tours Saturne 3024)
Bravo - En si bémol.



1952. (78 tours Saturne 3025)
Dans tes yeux et dans mon coeur - À la bonne franquette.



1954. (78 tours Pacific 2901)
Marie s’promène - Peut-être.



1954. (78 tours Pacific 2902)
C’est une chanson d’Italie - Le lièvre et la tortue.

 

Merci à André Decerf pour sa collaboration à cette page.