Parolier célèbre d’Édith Piaf, cet auteur de talent a aussi écrit des chansons pour Lucienne Delyle, Yves Montand et plus tard, pour Richard Anthony et Régine. Son répertoire se compose d’innombrables chansons immortelles.

 

La grande Piaf

Henri Contet naît en 1904 à Anost, dans le Saône-et-Loire. Il étudie à l’école supérieure d’électricité, puis devient ingénieur. Il quitte l’emploi qu’il occupe à la compagnie des téléphones pour se consacrer au cinéma et au journalisme. C’est sur le tournage d’un film qu’il rencontre, pendant la guerre, Édith Piaf.

 

Pour elle, il amorce avec succès une carrière d’auteur : C’était une histoire d’amour (1942), Monsieur Saint-Pierre (1944), Y’a pas de printemps (1944). Piaf chantera aussi Padam padam (1952, repris dans une version parodique par les Chaussettes noires sous le titre de Madame madame, en 1961), Bravo pour le clown (1953), T’es beau, tu sais (1958) et bien d‘autres titres moins connus.



Les belles années de la libération

À la libération, Henri Contet est un auteur en vogue écrivant pour Simone Langlois (Un air d’accordéon, 1947), Léo Marjane (C’est pour ça, C’était écrit, 1948), les Soeurs Étienne (Civilisation, 1948), Marie-José (Vous que j’aimais, 1949). C’est également pendant cette époque que plusieurs interprètes fétiches de l’auteur commenceront à le chanter : Lucienne Delyle (Ça me suffit, 1949, Le monsieur aux lilas, 1952, aussi chanté par André Claveau, Ça marche, 1953, Le clocher de notre amour, 1956, Au soleil de mai, Chanson vagabonde), Jacqueline François (Mademoiselle de Paris, Pour lui, 1948, De temps en temps, 1950), Georges Guétary (Boléro, 1949, Dans ma vie, 1956, Le coeur en balançoire, 1956, Si bien dans l’ombre) et Yves Montand (Ce monsieur-là, Ma gosse, ma petite môme, 1948, Le carosse, Quand on se balade, 1958), par exemple.



Nostalgie des années cinquante

L’auteur signe également plusieurs chansons pour Patrice et Mario, dont La chanson de nos vingt ans (1949), La fête aux lanternes (1950), Montagnes d’Italie (1952), Frimousse, Plume au vent etc. Pendant les années cinquante, Yvette Giraud enregistre Je n’ai qu’un amour au monde (1951), Les amours de printemps (1953) et La Saint-bonheur (1953).



En 1952, Henri Contet signe les paroles françaises de la chanson thème du film
Le trois sifflera trois fois. La chanson Si tu aussi tu m’abandonnes portera bonheur à son interprète, John William. Plus tard, ce dernier chantera Le bleu de lété (chanson du film Alamo).



Parmi les interprètes des années cinquante, il faut également citer Luis Mariano (
Noël, c’est l’amour, Aucune importance), Anny Gould (Souvenir perdu, 1951, Samba fantastique, 1956, Copacabana), Tohama (Un berger, des moutons, 1951), Rina Ketty (Puisque tu me reviens, 1950), Félix Marten (Dans les beuglants, 1958), Dany Dauberson (Coeur battant, 1955, version masculine de la chanson par André Claveau), Jean Bretonnière (Rendez-moi mon coeur d’enfant, 1957), Mathé Altéry (Amoureuse) et Germaine Sablon (Marie-Meunière, 1955).



Les nouvelles voix

À la fin de la décennie, de nouvelles voix apparaissent et l’auteur va écrire pour certaines d’entres elles dont Jacqueline Danno (Un vieux refrain), Pia Colombo (Cependant, Tique taque, Mon coeur est dans un nuage) et Richard Anthony (C’est le jeu, 1959).



Par la suite,  devenant président de la SACEM, il consacre moins de temps à l’écriture. Il signe tout de même des chansons pour Josy Andrieu (
Les guitares de l’été, Deux enfants réunis), Michèle Torr (Mais la vie, c’est la vie), Frida Boccara (La Seine à Paris, 1961, L’homme de lumière, 1962), Régine (Fais-moi danser) et Romuald (Cow-boy).



Henri Contet a aussi écrit pour Mireille Mathieu, Georgette Lemaire, Catherine Ribeiro, Ute Lemper, Mano Solo, Catherine Ringer, Arthur H avant de s’éteindre en 1998 laissant derrière lui une quantité impressionnante de chansons, dont plusieurs font désormais partie du patrimoine.