Pendant la Belle époque et les années folles, le compositeur Charles Borel-Clerc fut très en demande. Traversant les époques avec toujours autant de succès, seule sa mort mettra fin à une carrière qui s’étend sur plus de cinquante ans.

 

La belle époque

Charles Borel-Clerc naît en 1879 à Maille, dans les Basses-Pyrénées, sous le nom de Charles Clerc. Il étudie au conservatoire de Toulouse, puis rejoint la capitale poursuivre ses études, au conservatoire de Paris.

 

Le compositeur débute sa carrière en 1903, année où il compose Amour de trottin pour Félix Mayol. C’est alors que l’éditeur Ricordi lui confie les arrangements musicaux de La Matchiche, chanson également créée par Mayol. Ce dernier enregistre également La baltique.
 

Suite au succès de La Matchiche, les grandes vedettes de la Belle Époque chanteront les mélodies du compositeur, à commencer par Dranem qui interprète en 1906 Pétronille, tu sens la menthe. Bérard interprète également beaucoup de chansons de Borel-Clerc, comme par exemple Lison-Lisette, Le train  fatal (1916), Monte  là-dessus,  tu verras Montmartre (1922), L’amour brisé, Yorima et L’étendard. Parmi les interprètes du compositeur, il faut également citer Fortugé (C’est jeune et ça ne sait pas) et Yvonne Georges (C’est pour ça qu’on s’aime).



L’entre deux guerres

En 1918, lors d’une visite à Lucien Boyer, les deux hommes créent La Madelon de la victoire. Cette chanson est créée par Rose Amy, qui l’interprète dans la Grande Revue au Casino de Paris. En 1919, la chanson est reprise par Maurice Chevalier. La collaboration entre l’auteur et le compositeur ne s’arrêtera pas là ; ils écriront ensemble plusieurs autres chansons dont Tu verras Montmartre (par Bérard).



Entre les deux guerres, les interprètes de Borel-Clerc se multiplient et les succès succèdent aux succès. Maurice Chevalier interprète
Ma pomme (1936), Ah! Si vous connaissiez ma poule (1938) et Marche de Ménilmontant (1941), trois de ses plus grands succès.



Le compositeur exploite son talent sur tous les registres : Mistinguett (
Une femme qui passe), Damia (J’ai rêvé cette nuit), Édith Piaf (Fais-moi valser, 1936, Les deux copains), Jean Lumière (Maman vous êtes la plus jolie, Comme le temps passe, Je parle à la nuit), Tino Rossi (Faisons notre bonheur nous-mêmes, 1935, D’un bateau, 1936, Vous nêtes pas venu dimanche, 1938, On dit ça), Saint-Granier (Elle ressemble à sa mère, Quand c’est une femme, C’est jeune et ça ne sait pas), Lucienne Boyer (Un amour comme le nôtre, C’est un chagrin de femme) et Alibert (Tout le pays l’a su, 1932, C’est un petit square, 1943, Dans ma péniche, C’est un souvenir de Paris, C’est pour ta fête).



La libération : les derniers succès

Pendant la guerre 1939-1945, Charles Borel-Clerc compose ce qui deviendra son plus grand succès. En effet, il crée sur un texte de Jean Dréjac Ah! Le petit vin blanc, interprété en 1943 par Lina Margy. La même année, Reda Caire chante Avec toi, c’est toujours dimanche.



À la libération, c’est au tour de Lily Fayol (
La cane du Canada, 1949), d’Anny Flore (Et les couples tournaient, 1949), de Georges Guétary (Le bar des adieux, 1949, Le petit bal du samedi soir) et des Frères Jacques (Les loups de mer) d’ajouter à leur répertoire des chansons du compositeur.



Charles Borel-Clerc s’éteint à Cannes, en 1959. Il laisse derrière lui une quantité impressionnantes de grands succès. Ce compositeur de grand talent est véritablement une figure importante pour la chanson française du vingtième siècle.