Raymond Asso est surtout associé à Édith Piaf, mais son oeuvre se compose également de chansons interprétées par d’autres interprètes. Tout au long de sa vie, l’auteur connut le succès et sa mort, en 1968, fut un triste jour pour la chanson française.

 

Édith Piaf

Le 2 juin 1901, naît à Nice celui qui allait connaître plus tard la gloire grâce à ses textes. Sa jeunesse est marquée par divers petits métiers : berger et directeurd’usine, entre autres. Il se lance dans la chanson en 1933, à l’âge de 32 ans.

 

Ce n’est cependant qu’en 1935, qu’il connaît le succès grâce à Édith Piaf. Après les déboires de cette dernière (son producteur, Louis Leplée, vient d’être assassiné), Raymond Asso prend en main la carrière de la chanteuse et lui écrit plusieurs chansons. Cependant, la première chanson écrite pour Piaf, Mon légionnaire, sera créée par Marie Dubas, à cause du fonctionnement des maisons d'édition d'alors (la môme enregistre bien sûr lachanson peu de temps après). Par la suite, l’auteur signe Le fanion de la légion dont Piaf obtient la primeur (Marie Dubas la chantera également).

 

Jusqu’à la guerre, Asso signe une série de grands succès pour Édith Piaf, souvent sur des musiques de Marguerite Monnot :Un jeune homme chantait (1937), Elle fréquentait la rue Pigalle (1939), Paris-Méditerranée (1938), C’est lui que mon cœur a choisi (1938), Le grand voyage du pauvre nègre (repris par Germaine Sablon, 1940), Je n’en connais pas la fin, Les deux copains, Browning, C’est l’histoire de Jésus etc. Mais sa contribution à la carrière de la vedette va bien au-delà de ces chansons.

 

 

En effet, l’auteur fait découvrir à Édith Piaf la littérature, lui enseigne la culture, lui obtient son premier engagement dans une grande salle. Bref, il façonne celle qui deviendra Édith Piaf. Par ailleurs, c’est également grâce à Raymond Asso que la chanteuse rencontre celle qui va devenir sa compositrice attitrée (du moins celle qui restera tout au long de la carrière d’Édith), c’est-à-dire Marguerite Monnot.

 

Les autres interprètes


La Seconde Guerre Mondiale vient mettre un frein à cette fructueuse collaboration avec celle qui reste dans nos mémoires comme la plus grande chanteuse française de tous les temps : l’auteur est malheureusement mobilisé. Malgré tout, ses chansons continuent d’être interprétées et enregistrées. Ainsi, Jean Lumière enregistre, en 1940, Notre-Dame de la garde. Par ailleurs, Hélène Sully chante Les prisons de France, chanson très courageuse pour l’époque. Enfin, Damia enregistre avec succès la chanson Tout fout le camp.



À la libération, de retour à la vie civile, Raymond Asso reprend sa carrière d’auteur en écrivant
La java du bonheur du monde pour Lucienne Delyle. Celle-ci enregistre également pendant sa carrière C’est la chanson de Paris (1955) et La vie est belle.

 

Encore des années de succès


Les années cinquante sont très prolifiques pour l’auteur. Celles-ci débutent sous le signe du succès grâce à Renée Lebas et Y’a tant d’amour, en 1950. L’interprète enregistre la même année Mon ami m’a donné. L’auteur connaît également un autre succès de taille avec une chanson écrite pour Mouloudji, en 1952. Ce succès, c’est évidemment Comme un petit coquelicot, une oeuvre qui deviendra très vite la chanson fétiche de son interprète.



Les vedettes de l’époque chante alors des chansons de Raymond Asso : d’Yves Montand (
Ninon, ma ninette, 1954) à Catherine Sauvage (Berceuse pour demain, 1955, Mon coeur battait, 1956), en passant par Les Frères Jacques (Mon ami m’a donné, Mais les vrais amoureux), Jean Bretonnière (C’est tant pis, c’est tant mieux, 1954), Odette Laure (Je suis nerveuse, 1955), Tino Rossi (Mon printemps, 1956, O ma mie o ma Mireille) et André Dassary (Des pays merveilleux).



Mais d’autres interprètes ont également marqué la carrière de l’auteur : Lys Gauty (
Un petit bouquet de violettes), Les trois Ménestrels (Si les tambours, 1963) et Annie Cordy (La chanson du Marsupilami, 1960), par exemple. Raymond Asso a aussi enregistré quelques disques (notamment des contes musicaux pour enfants). Il a consacré les dernières années de sa vie à la SACEM, en tant qu’administrateur. L’auteur s’est éteint en 1968, à l’âge de 67 ans, laissant une trace indélébile dans l’histoire de la chanson française.