Méconnu du grand public, Frédéric Botton nous a donné, au cours de sa carrière de nombreuses chansons dont la plus connue est certainement La grande Zoa, chantée jadis par Régine.

 

Rue du chien qui fume

Frédéric Botton voit le jour le 5 août 1936. À la fin des années cinquante, il propose la chanson Rue du chien qui fume aux duettistes Marc et André. Ceux-ci se produisent régulièrement à l’Écluse, où se produit également Barbara. Le duo suggère alors à l’auteur-compositeur de présenter la chanson à celle-ci.

 

Bien que l’ayant mis à son répertoire, Barbara n’enregistrera jamais cette chanson. Rue du chien qui fume sera gravée sur disque par Catherine Sauvage, en 1970. En 1962, la chanteuse enregistre La famille à la vanille. Au début des années soixante-dix, cette dernière mettra également à son répertoire Les bagouses (1971), En rouge sang (1971), Mister music (1971) et Encore un peu l’amour (1974).

 

Quant à Barbara, elle endisque, en 1972, L’absinthe et La saisonneraie. Plus tard, en 1996, elle enregistre Il me revient. Parmi les premiers interprètes de Frédéric Botton, il faut également citer Gélou (Mon vieux marin, 1959), Théo Sarapo (Revenir en Grèce, 1965), Mélina Mercouri (Excusez-moi) et Jean-Claude Brialy (Ça n’a pas d’importance, 1964).

 

La grande Zoa

En 1966, l’auteur propose à Régine La grande Zoa. Cette chanson deviendra un classique de son répertoire. La même année, la chanteuse interprète Les lampions. Au cours de leur collaboration, plusieurs autres chansons naîtront dont La java dis donc (1967), Raconte-moi, Dandy (1967), Valse pour toi et moi (1968) et De toute manière (1969).

 

En 1967, Frédéric Botton lance son premier EP, qui comprend Attention à la grosse boule qui descend l’escalier. L’année suivante, son premier album comprend également Le voyage abandonné et Ma grand’ tante Olga. Parallèlement, il continu à écrire pour divers interprètes. En 1966, il amorce une collaboration avec Dani ; Sans astérisque et La coupe est pleine sont les premières chansons issues de cette nouvelle collaboration. En 1967, la chanteuse ajoute à son répertoire H comme hippies, La machine, Scopitone et Les artichauts.

 

À la fin des années soixante, l’auteur-compositeur écrit également pour Annie Philippe (Les enfants de Finlande, 1967, Le flingue, 1968), Mireille Darc (Où est mon zèbre, 1967, Compartiment 23, 1968), France Gall (Gare à toi Gargantua, 1967), Monique Hervé (Quelqu’un, 1968), Philippe Clay (Qui vous a dit, Madame, 1969) et Vetty (Nicolas, 1969). À la même époque, Annabel Buffet enregistre également plusieurs chansons de l’artiste : Côté gauche (1969), Irraisonnable (1969), Aquarelle (1970), Pourquoi dans les rues de Paris (1970), Les gommes (1970), Mon bistrot (1970) etc.

 

En 1970, Patachou (Qu’j’avais marié un grec), Georgette Lemaire (Goodbye and Farewell), Georges Guétary (Le voyage à Venise) et Magali Noël (Les boîtes, Une énorme samba) s’ajoutent à la liste de ses interprètes. La même année, Juliette Gréco enregistre Les pingouins et Zanzibar. En 1971, elle grave Doux oiseaux de la jeunesse et Tout près de vous my love. La même année, Frédéric Botton compose la musique du film Popsy Pop de Jean Herman.

 

Comé Comédie

En 1972, lors d’un dîner au café-théâtre La resserre aux Diables, l’auteur-compositeur fait la connaissance d’Yves Duteil. Frédéric Botton produit alors le premier disque de l’artiste : Virages. Toujours en 1972, l’auteur participe au concours Eurovision avec la chanson Comé comédie, interprétée par Betty Mars. Cette dernière connaît plusieurs succès grâce à sa collaboration avec l'auteur : L’accordéon c’est comme la mer (1972), Monsieur l’étranger, Casino (1972), Mon café russe (1972), Gentleman, Le voyageur (1975) et Bye bye blue angel (1975), entre autres.

 

Parmi les interprètes du début des années soixante-dix, il faut également citer Anne Sorel (L’amour à plusieurs, 1972), Danièle Rouille (Adieu c’est un adieu, 1974) et Patricia Botton (La gardénia, 1974, La fille à haute tension, 1974).

C’est en 1975 qu’Alice Sapritch enregistre Les hommes sont des poupées et Milady. L’année suivante, Anne Ventura crée Tremblements de cœur et Si longtemps. Patrick Dirand (Sur une musique italienne, 1978) et Annie Girardot (Absence prolongée, 1979, Les miroirs, 1979) font également partie des interprètes de l’artiste, qui lance son dernier album, Comme j’aimais la vie, en 1981.

 

Au cours de sa carrière, Frédéric Botton a également signé des chansons pour Joséphine Baker (La couleur des yeux), Marie-Blanche Vergne (Le petit cheval aux yeux bleus, Les parasols, Les gaufres), Zizi Jeanmaire (Pêche-abricot), Charlotte Gainsbourg et Marie-Amélie Seigner.

 

Les années cinéma

L’auteur-compositeur délaisse peu à peu la chanson pour se consacrer à la musique de films et de revue. Il compose pour Jean-Max Rivière la musique des revues que ce dernier monte à l’Alcazar. Il signe également de la musique de films dont Les Phallocrates de Claude Pierson (1980), L’excès contraire d’Yves-André Hubert (1988), Une femme de ménage de Claude Berri (2002), L’un reste, l’autre part de Claude Berri (2005) et Ensemble c’est tout de Claude Berri (2007). En 2006, il signe également le générique de l’émission Ce soir ou jamais, présentée sur les ondes de France 3.

 

En 2004, Frédéric Botton revient à la chanson en donnant à Sylvie Vartan Rupture. En 2006, il signe 8 chansons de l’album Raretés de Marie-France. Parmi celles-ci figurent Elle est folle, L’amour avec des gants, Un homme à votre goût et La couleur des yeux. En tout, l’artiste aura signé 264 chansons déposées à la SACEM.

 

À la fin du mois de juin 2008, le 27 plus précisément, Frédéric Botton succombe à un cancer. Son décès a lieu à Paris. Il nous laisse en héritage un répertoire dont une partie est encore à redécouvrir : La grande Zoa n’étant que la pointe de l’iceberg qui cache une multitude d’autres trésors.

 

Image

1967. (45 tours CBS 6364)

Attention à la grosse boule qui descend l’escalier – Ma grand’ tante Olga – T’es mon poisson chat – Les allumettes.

 

1967. (45 tours CBS 6439)

Peggy – L’amour à crédit – Petit grain de riz – π 12, 3 14 16.

 

1968. (33 tours CBS 63 341)

Le voyage abandonné – Petit grain de riz – T’es mon poisson chat – Ma grand’ tante Olga – Attention à la grosse boule qui descend l’escalier – Les petites chaises – Écouter Fats Waller – La maison de caoutchouc – L’amour à crédit - π 12, 3 14 16 – Peggy – Les allumettes.

 

1969. (45 tours Bagatelle / Philips 370 922)

Black Botton – Il y avait toi.

 

1969. (45 tours Bagatelle / Philips 370 929)

Tang-y tang-oh ! – La cithare.

 

1970. Bot-ton made in Lon-don (45 tours Bagatelle / Philips)

Mademoiselle Alaska – Mary-me Marie…

 

1970. Un piano dans l’herbe (B. O. F.) (45 tours Pathé Marconi C 006-11087)

Un piano dans l’herbe – Ce be bop que nous aimons.

 

1971. (45 tours Plein Soleil / Discodis 21 002)

Viens faire dodo sur mes dollars – N’empêchez pas vos filles.

 

1974. (45 tours Barclay 61 880)

Clafoutis – Tes lèvres.

 

1977. (45 tours RCA PB 8148)

Putain de vie – Courir après toi.

 

1981. Comme j’aimais la vie (33 tours CBS 85 339)

Comme j’aimais la vie – Triste à dire – Attends-moi – Cargo – Écouter Fats Waller – De chagrin d’amour – Une vie dorée – Soyez mon rendez-vous – Les gommes – L’accordeur de cœurs.