ImageÀ la fin des années 50 et au début des années 60, un nouveau genre de musique qui va révolutionner tout ce qui s’est fait auparavant voit le jour : le rock’n’roll. Même si on voit apparaître une version édulcorée de celui-ci, baptisé le yéyé, nombre de succès de cette époque demeure mythique pour la génération qui a connu cette époque et pour les plus jeunes qui demeurent fascinés par celle-ci.

C’est pourquoi le coffret Rock’n’France paru dans la foulée des parutions printanières de la série Platinum Collection d’EMI Music France réjouira assurément un large public. D’autant plus qu’il comprend plusieurs chansons rares rééditées pour la première fois sur disque compact. Le coffret de trois disques offre soixante chansons enregistrées entre 1958 et 1965.

La sélection s’ouvre par l’incontournable Nouvelle vague de Richard Anthony de 1959. Du même artiste, nous retrouverons également À présent tu peux t’en aller et À toi de choisir, toutes deux de 1964. Le coffret regroupe également quelques autres vedettes des années soixante dont Françoise Hardy, avec Le temps de l’amour (1963), Alice Dona, avec C’est pas prudent et Les garçons, et Dick Rivers qui interprète entre autres son succès de 1963, L’effet que tu me fais. Par ailleurs, un coffret de 3 cd consacré exclusivement à ce dernier vient également de paraître dans la même collection.

Évidemment, l’intérêt suscité par ce magnifique coffret réside dans la présence des chansons plus rares et apparaissant parfois pour la première fois en format disque compact. À titre d’exemple, citons Chaque nuit de Nathalie Degand, qui date de 1963 ou encore La fille qui me plaît que Gérard Brent avait enregistré en 1964. Au fil de ces disques nous retrouvons également un des premiers enregistrements de Michel Berger : Amour et soda (1963).

Rock’n’France permet de sortir de l’oubli des artistes oubliés aujourd’hui. Bob Asklof, un jeune suédois arrivé en France au début des années 60, fait partie de ces artistes qu’on prendra plaisirs à retrouver ici. Sur la présente compilation, Bons baisers de Russie, T’embrasser t’embrasser et Il faut choisir permettent de redécouvrir ce chanteur qui s’était également laissé tenté par le cinéma.  Tony Victor (qui chante ici Oh! Prends ma main) figure également parmi les artistes extirpés de l’oubli grâce à ce coffret.

Les connaisseurs apprécieront la présence de Liz Brady, Ria Bartok, Burt Blanca, Jacky Moulière, Tiny Young, Claude Ciari, Larry Gréco et Monty sur les présents disques, tandis que le public moins avertis redécouvrira ces artistes.

Le public québécois se souviendra de Liz Brady pour sa participation avec sa sœur au groupe Les Scarabées à la fin des années soixante.  Au début de la décennie, elle enregistre plusieurs disques en France dont Hey o daddy o (1965) et Comme tu es jeune (1965) sont extraits. Après une carrière de quelques années, Ria Bartok trouve la mort tragiquement dans un incendie. Parce que j’ai revu François (1964), Seule parmi les autres (1963) et Tu peux pas savoir (1964) nous permettent de réentendre sa voix.

En 1964, Monty enregistre Même si je suis fou, qui connaît le succès. Nous retrouverons sur cette compilation l’enregistrement original de Monty qui n’était plus disponible sur disque compact depuis longtemps. Larry Gréco n’a connu qu’un seul grand succès au cours de sa carrière : Jette la date de 1965.

Par ailleurs, inutile de rappeler que l’époque yéyé fut le paradis des groupes. Nous retrouverons donc ici les Chats Sauvages, avec Mike Shannon, qui chantent Allons reviens danser, Seul et Obesession. Avec Dick Rivers, le même groupe interprètent Un p’tit je ne sais quoi. Parmi les autres groupes figurant sur le coffret, citons les Bourgeois de Calais, les Fantômes, les Dauphins et les Misiles.

En terminant, un seul petit bémol. Le livret accompagnant ces trois cd s’avèrent un peu pauvre. Des notes biographiques sur chaque artiste présenté auraient été grandement appréciées. Cependant, ne boudons pas notre plaisir et replongeons-nous avec ravissement dans cette époque mythique. Surtout que le coffret Rock’n’France vaut le détour avec ses nombreuses raretés rééditées pour la première fois sur disque compact.